ImPRESSIONS(s) : à la rencontre de personnels passionnés de sérigraphie

Benoît Gaudin, graphiste au service culturel et Johan Oszwald, enseignant-chercheur en géographie partagent une même passion pour la sérigraphie. Rencontre lors de leur exposition ImPRESSION(s) qui se tient à la Chambre claire jusqu'en octobre 2024.

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Johan et Benoît
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Clara Guichard, Service culturel

La sérigraphie, une passion exigeante

La sérigraphie est un procédé d'impression qui consiste à faire passer de l'encre à travers les mailles très fines d'un écran à l'aide d'une racle afin qu'elle se dépose sur le support à imprimer. Benoît Gaudin découvre la sérigraphie dans le cadre de son activité professionnelle. Il s’y initie par les livres puis saisit l’occasion de s’y essayer concrètement, lors de la création, en 2010, d’un atelier de sérigraphie sur le campus. Dès lors, il va tester, patiemment, ce procédé aléatoire qui lui permet de produire des dessins en série :

"La sérigraphie, c’est long et fastidieux. On travaille, à la main sur un matériel ancien et fragile, avec des produits dangereux. C’est tout un protocole à acquérir avant de pouvoir en profiter. Cela peut décourager au début ». 

Johan Oszwald découvre l’activité en 2020, grâce à Benoît. Très vite, il se passionne également pour cet art exigeant, dont les possibles lui semblent infinis :

"On a beau mettre en place un dessin en série, aucun exemplaire ne sera identique. La sérigraphie est une pratique passionnante car elle génère de l’incertitude et force à envisager le travail différemment de ce que l’on pensait au départ. Finalement, la seule limite c’est celle que l’on se fixe."
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Johan Oszwald

Observer, pratiquer, partager au sein de l’atelier

Tous deux, se retrouvent chaque semaine au sein du petit atelier logé au rez-de-chaussée du bâtiment M. Ici pas d’espaces perdus et tout est rangé. Il faut dire que la technique sérigraphique demande du matériel volumineux : insoleuse (pour préparer les tirages), four (pour sécher les dessins terminés), pièce d’eau avec karcher (pour nettoyer le matériel)… sans compter les écrans (tissu tendu sur un cadre), les typons (sorte de pochoir qui s’applique sur l’écran), les émulsions (à appliquer sur l’écran avant insolation), racles à encre, encres et papiers nécessaires à chaque projet.

« L’atelier, c’est un lieu très convivial et fédérateur. On y croise des étudiant·es, on partage le matériel et on échange sur nos pratiques » explique Johan.

Les questions peuvent être nombreuses à chaque étape de la sérigraphie : comment anticiper les couleurs ? combien de couches appliquer ? comment positionner son corps au moment de racler l'encre ? comment créer un dégradé sans marbrures ?...

"Et puis certaines fois ça ne marche pas. Cela peut venir de mon humeur, de l’ambiance dans l’atelier, de la qualité du matériel… ou alors ce que je cherche à faire est trop compliqué ! » constate Benoît.
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Benoît et Johan

Une première exposition à la chambre claire

L’idée de faire une exposition leur a été suggérée au cours de l’année universitaire.

« Ça a été un détonateur, je l’ai vue comme une opportunité de nous bousculer, de nous perfectionner » explique Johan « mais c’était aussi une pression, celle de devoir créer/terminer dans un temps contraint ». Pour tous les deux, c’est une première qui ne va pas sans appréhension : « c’est une exposition de nos dessins mais également de notre façon de voir et de penser, de ce qui nous touche et nous inspire » précise Benoît.

Une vingtaine d’œuvres seront présentées à la chambre claire : des séries à message, des œuvres uniques, des portraits… avec comme fil conducteur : la couleur.

« En sérigraphie, nous utilisons des encres avec des pigments anti-UV, la couleur ne s’altère pas dans le temps, contrairement à la photographie » explique Benoît. « Et comme c’est un mélange de couleurs primaires, les possibilités sont infinies ». L’envie de préparer une nouvelle exposition leur trotte déjà dans la tête. « On aimerait bien travailler davantage ensemble,  sur des séries à quatre mains avec une thématique déterminée. Peut-être dans un autre cadre… ».